[article]
Titre : |
Le climat fait-il l'histoire ? |
Type de document : |
texte imprimé |
Auteurs : |
Laurent Testot, Directeur de publication ; Jean-François Mouhot, Directeur de publication |
Année de publication : |
2014 |
Article en page(s) : |
p. 30-51 |
Langues : |
Français (fre) |
Mots-clés : |
étude historique type de climat |
Index. décimale : |
94 Histoire générale |
Résumé : |
Le climat peut-il faire l’histoire ? À l’heure du réchauffement global, la question devient angoissante. Les fluctuations du climat ont contribué dans le passé à l’effondrement des civilisations maya ou khmère, estiment une majorité d’historiens. C’est une chose. Mais pronostiquer comment nos sociétés complexes et technologiquement avancées réagiront à des stress climatiques dont on peine à mesurer l’ampleur future en est une autre. Si ces études sont restées timides en France, en dépit de l’œuvre pionnière d’Emmanuel Le Roy Ladurie, c’est qu’une histoire de ce type semble par trop déterministe.
Certains historiens anglo-saxons et allemands partageant moins cette réserve, leurs travaux ont énormément à nous apprendre. Sam White campe la synthèse des dernières années de recherche en la matière. Il montre que par le passé, les sociétés agraires étaient vulnérables aux fluctuations climatiques d’ampleur. Geoffrey Parker va jusqu’à parler de « crise globale » au XVIIe siècle, lorsque le Petit Âge glaciaire ravage l’hémisphère nord ; et John R. McNeill estime qu’étudier la façon dont les gens ont pu réagir à des situations extrêmes (du pillage à l’altruisme) permettra d’anticiper les impacts sociaux des risques climatiques à venir.
On peut dire de l’histoire du climat qu’elle couvre justement trois champs : une climatologie historique « pure », vouée à reconstituer les climats du passé ; une climatologie historique de crise, étudiant les impacts des variations climatiques sur les sociétés ; et un dernier champ, étudiant le présent réchauffement planétaire, la part de responsabilité de l’humanité ou le processus qui permit d’en prendre conscience. Car si l’homme a longtemps cru qu’il pouvait altérer le climat, c’est à partir de la révolution industrielle, moment où il a effectivement commencé à le modifier, qu’il a un temps pensé en être incapable… Pourtant, aujourd’hui, nous savons. Mais, souligne Jean-Paul Maréchal, nous n’agissons pas. Les négociations climatiques internationales, otages du débat d’intérêt des États-Unis et de la Chine, piétinent. Et nos émissions de gaz à effet de serre grimpent toujours, conférant à l’histoire du climat, bien involontairement, une actualité… brûlante. |
Note de contenu : |
Crises climatiques: 15000 ans d'histoire : Peut-on tirer des leçons du passé? ; Le froid, le chaud et l'histoire ; Responsables et inconscients? ; Les politiques dans l'impasse ; Le grand retour du déterminisme? |
Permalink : |
http://catalogue.iesp.be/index.php?lvl=notice_display&id=18465 |
in Sciences humaines > 258 (Avril 2014) . - p. 30-51
[article] Le climat fait-il l'histoire ? [texte imprimé] / Laurent Testot, Directeur de publication ; Jean-François Mouhot, Directeur de publication . - 2014 . - p. 30-51. Langues : Français ( fre) in Sciences humaines > 258 (Avril 2014) . - p. 30-51
Mots-clés : |
étude historique type de climat |
Index. décimale : |
94 Histoire générale |
Résumé : |
Le climat peut-il faire l’histoire ? À l’heure du réchauffement global, la question devient angoissante. Les fluctuations du climat ont contribué dans le passé à l’effondrement des civilisations maya ou khmère, estiment une majorité d’historiens. C’est une chose. Mais pronostiquer comment nos sociétés complexes et technologiquement avancées réagiront à des stress climatiques dont on peine à mesurer l’ampleur future en est une autre. Si ces études sont restées timides en France, en dépit de l’œuvre pionnière d’Emmanuel Le Roy Ladurie, c’est qu’une histoire de ce type semble par trop déterministe.
Certains historiens anglo-saxons et allemands partageant moins cette réserve, leurs travaux ont énormément à nous apprendre. Sam White campe la synthèse des dernières années de recherche en la matière. Il montre que par le passé, les sociétés agraires étaient vulnérables aux fluctuations climatiques d’ampleur. Geoffrey Parker va jusqu’à parler de « crise globale » au XVIIe siècle, lorsque le Petit Âge glaciaire ravage l’hémisphère nord ; et John R. McNeill estime qu’étudier la façon dont les gens ont pu réagir à des situations extrêmes (du pillage à l’altruisme) permettra d’anticiper les impacts sociaux des risques climatiques à venir.
On peut dire de l’histoire du climat qu’elle couvre justement trois champs : une climatologie historique « pure », vouée à reconstituer les climats du passé ; une climatologie historique de crise, étudiant les impacts des variations climatiques sur les sociétés ; et un dernier champ, étudiant le présent réchauffement planétaire, la part de responsabilité de l’humanité ou le processus qui permit d’en prendre conscience. Car si l’homme a longtemps cru qu’il pouvait altérer le climat, c’est à partir de la révolution industrielle, moment où il a effectivement commencé à le modifier, qu’il a un temps pensé en être incapable… Pourtant, aujourd’hui, nous savons. Mais, souligne Jean-Paul Maréchal, nous n’agissons pas. Les négociations climatiques internationales, otages du débat d’intérêt des États-Unis et de la Chine, piétinent. Et nos émissions de gaz à effet de serre grimpent toujours, conférant à l’histoire du climat, bien involontairement, une actualité… brûlante. |
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Crises climatiques: 15000 ans d'histoire : Peut-on tirer des leçons du passé? ; Le froid, le chaud et l'histoire ; Responsables et inconscients? ; Les politiques dans l'impasse ; Le grand retour du déterminisme? |
Permalink : |
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Testot, Laurent, Mouhot, Jean-François (2014). Le climat fait-il l'histoire ?. Sciences humaines, 258, p. 30-51.
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